Voie rapide ou non?
En bref
Les réseaux de transport sont souvent conçus en fonction de la performance des routes. Toutefois, les vrais résultats en matière de sécurité dépendent du comportement des automobilistes. Nous avons maintenant la capacité d’observer les tendances de conduite à grande échelle, ce qui nous permet de comprendre comment la culture influence la réponse des automobilistes aux limites, aux dangers et à l’évolution des conditions. Alors que de nombreux pays observent une augmentation des accidents graves, ce changement d’approche est important. Sarah Dods et Frank Penry de GHD expliquent comment leur travail avec les données des véhicules connectés nous donne des précisions au sujet de ces tendances et éclairent les décisions d’orientation qui appuient des déplacements sécuritaires.
En se basant sur leurs expériences en Australie et aux États-Unis, ainsi que sur des informations obtenues lors de la conférence annuelle 2026 du Transportation Research Board (TRB) (page en anglais), Sarah Dods et Frank Penry expliquent comment les normes culturelles influencent notre conduite et pourquoi les données sur le comportement deviennent essentielles à la planification des transports.
Deux cultures, deux vitesses
Aux États-Unis, la vitesse affichée est souvent perçue comme étant une limite inférieure. Les automobilistes s’attendent à ce que le flux de la circulation établisse la vitesse réelle. Les véhicules plus lents sont alors encouragés à s’écarter du chemin. Cette manière de penser fait donc en sorte qu’il y a de grands écarts de vitesse sur une même route.
Chaque pays interprète la même règle de manière assez différente. Les deux ont la même intention, soit d’assurer la sécurité des déplacements, mais ils partent de deux comportements de base très différents qui influenceront l’efficacité de leurs interventions.
En Australie, ce que j’ai trouvé particulièrement intéressant, c’est que les gens respectent scrupuleusement les limites affichées. Dans des zones de construction ou à proximité de dangers potentiels, tout le monde réduit sa vitesse en fonction de l’environnement. »
Des incidents aux tendances
Certains endroits démontrent plusieurs quasi-incidents, qui sont des signes avant-coureurs. Par exemple, nous pouvons cartographier des dizaines d’embardées près d’un endroit où il n’y a eu qu’un seul accident enregistré. Cela suggère des tendances en matière de comportement qui exigerait notre attention avant qu’un autre incident se produise. Nous pouvons aussi savoir quelle distance les automobilistes parcourent avant et après un événement risqué, afin de comprendre si certaines parties de leur déplacement contribuent à des comportements non sécuritaires.
Les données sur le comportement démontrent aussi si les interventions en matière de sécurité créent un changement durable. Certaines interventions fonctionnent au début, mais perdent de leur efficacité lorsque les automobilistes s’habituent à l’environnement. Les informations des véhicules connectés nous aident à comprendre quels changements de comportement demeurent ou régressent, particulièrement lorsque les automobilistes se sentent de nouveau à l’aise. Ce niveau de détail donne aux planificateurs et planificatrices une meilleure orientation lors de la mise à niveau ou de la sélection des interventions.
Coup de main pour des déplacements plus sécuritaires this
Nous pouvons aussi tester l’influence des messages. Nous avons appris qu’une demande directe de ralentir a souvent un effet limité.
Dire aux automobilistes de ralentir ne fonctionne pas. Leur dire qu’il y a un accident un peu plus loin pourrait être plus efficace. »
D’un autre côté, les véhicules autonomes sont de plus en plus présents sur nos routes, ce qui soulève plusieurs questions : comment devraient-ils se comporter à proximité d’automobilistes humains? Un véhicule autonome devrait-il respecter la limite affichée ou suivre le flux de la circulation si ces vitesses sont différentes? Comment devrait-il réagir si les automobilistes à proximité dévient de la tendance prévue en raison d’une distraction ou d’une réaction aux conditions environnantes?
Si les véhicules autonomes respectent les limites de vitesse affichées, cela pourrait ne pas correspondre aux tendances de conduite des humains autour d’eux. Cet écart soulève des questions d’éthique et d’ingénierie au sujet du comportement à adopter pour les systèmes autonomes lorsque le choix « sécuritaire » entre en conflit avec le choix « légal » sur une route très fréquentée.
Les données sur le comportement nous aident à répondre à ces questions avec des preuves au lieu de suppositions. Elles appuient une étroite collaboration entre les ingénieurs et ingénieures ainsi que les spécialistes du comportement pour veiller à ce que les interventions reflètent les vrais comportements de conduite.
Points à retenir et prochaines étapes
- Les données sur le comportement nous permettent d’observer les réactions des automobilistes aux conditions réelles et où le risque se développe. Elles nous donnent une meilleure visibilité des tendances qui ne sont pas observables à partir des données sur les accidents.
- Les informations des véhicules connectés nous permettent d’assurer un suivi pour déterminer si une intervention en matière de sécurité modifie le comportement et si ce changement perdure lorsque les automobilistes s’habituent à l’environnement.
- Nous utilisons les preuves pour orienter la planification et le travail stratégique afin que les interventions correspondent aux habitudes de conduite locales et appuient des résultats plus sécuritaires dans la région.
Si vous souhaitez discuter de la façon dont les informations sur le comportement peuvent éclairer votre planification de la sécurité, communiquez avec nous pour découvrir comment nous utilisons ces données dans nos projets.