Un récif polyvalent novateur pour la côte érodée de la Californie
En bref
La ville d’Oceanside est confrontée à un problème chronique d’érosion de ses plages en raison de l’interruption de l’approvisionnement en sédiments causée par l’aménagement du littoral et les changements du bassin hydrographique. La résolution de ces problèmes d’érosion a été influencée par des préoccupations sociales et politiques relatives aux structures traditionnelles de rétention du sable. Depuis plus de cinq ans, GHD aide la Ville à évaluer des stratégies réalistes, à mettre sur pied une compétition de conception internationale et à élaborer une conception de projet épurée avec la communauté pour créer une nouvelle approche pilote en matière de gestion des côtes. Il en découle un projet novateur à retombées multiples qui vise à retenir le sable, à améliorer les possibilités de loisirs, à rétablir l’habitat et à offrir un nouveau modèle de résilience côtière pour l’État.
Le défi
Trouver une solution qui fonctionne pour tout le monde s’est avéré être un défi. Les solutions techniques courantes, qui ne sont habituellement pas les préférées sur le plan social et politique, ont forcé la Ville à penser au-delà des solutions traditionnelles répondant à un seul objectif.
La conception technique n’était qu’une partie du problème, car les parties prenantes dans la communauté et la région souhaitaient atteindre plusieurs objectifs, mais avaient aussi plusieurs inquiétudes. Les communautés avoisinantes s’inquiétaient des répercussions en aval de la dérive littorale. Les surfeurs et surfeuses craignaient pour la qualité des vagues. La population souhaitait ravoir ses plages, mais n’était pas certaine d’y arriver sans compromettre d’autres valeurs. Toute solution viable devait être élaborée avec ces groupes, et non pas simplement leur être présentée à la fin.
Nos solutions
GHD, en collaboration avec Resilient Cities Catalyst et la Ville, a organisé une compétition de conception internationale qui a porté autant sur le dialogue avec la communauté que l’innovation technique. Nous avons mis sur pied un jury composé d’organismes de réglementation, de parties prenantes ainsi que de dirigeantes et dirigeants locaux, puis avons invité trois entreprises à présenter leur solution : ICM de l’Australie, un partenariat entre Deltares et MVRDV des Pays-Bas, et SCAPE de New York.
Sur une période de huit mois, nous avons travaillé avec les équipes de conception par l’entremise de trois ateliers publics pour préciser les conceptions fondées sur les commentaires de la communauté, des parties prenantes ainsi que de l’administration régionale. Plus de 700 personnes ont participé aux ateliers en personne, aux sondages en ligne ainsi qu’aux événements ponctuels lors de marchés publics et de concours de surf. Chaque conception a été testée selon les mêmes critères : rétention du sable, ressources pour le surf, habitat, évolutivité, coût et retombées communautaires.
La conception gagnante d’ICM proposait un récif artificiel en mer ainsi que deux promontoires artificiels reliés au rivage qui agiront comme des ralentisseurs naturels dans le but de laisser le sable s’accumuler entre les structures pour ralentir, et non arrêter, le déplacement du sable le long du littoral. La conception comprenait aussi le transport d’une grande quantité de sable vers les plages de la ville. Elle proposait un rechargement de plage total de près de 690 000 mètres cubes (900 000 verges cubiques) en plus des structures. Elle était conçue pour élargir la plage sèche, améliorer les conditions de surf et rétablir la plage littorale sablonneuse et l’habitat intertidal. Essentiellement, le récif était conçu pour être adapté ou retiré si la surveillance démontrait qu’il ne fonctionnait pas comme prévu.
L’impact
La compétition elle-même est devenue une réussite. L’opposition initiale des communautés avoisinantes s’est transformée en soutien ou en sentiment de neutralité. Les membres de la communauté qui faisaient d’abord preuve de prudence se portent maintenant à la défense de cette solution parce que leurs commentaires ont influencé la conception. Le fait que le projet ait été sélectionné à titre de projet pilote régional de la San Diego Association of Governments a démontré la pertinence générale de cette approche pour les défis en matière de rétablissement des côtes.
L’innovation technique est aussi importante. Nous avons appliqué un modèle numérique à la fine pointe de la technologie, élaboré par l’Université de Southern California, et mis à l’essai le modèle physique de la conception au Laboratoire de recherche sur les vagues O.H. Hinsdale de l’Université Oregon State, qui héberge le seul bassin directionnel de simulation de vagues sur la côte ouest. Le modèle physique à une échelle de 1:35 des côtes d’Oceanside et le projet ont été mis à l’essai selon plusieurs conditions océanographiques pour confirmer la dynamique des vagues, les courants et le déplacement des sédiments.
Le projet a reçu un soutien financier considérable de l’État. La California Coastal Commission a accordé une subvention de 1,8 million de dollars à la Ville en avril 2025 pour financer la surveillance de la base de référence, la mobilisation communautaire et la mise à jour des documents d’aménagement de la ville.
Au début de 2026, le projet en était à la finalisation de la modélisation numérique avancée et des essais physiques dans le bassin de simulation afin d’optimiser la performance avant l’étude environnementale finale et la construction. GHD aide la Ville dans le cadre du processus réglementaire et d’étude environnementale, en plus de rédiger un Rapport programmatique sur l’impact environnemental. Le processus de demande d’autorisations environnementales et de permis devrait se terminer vers la fin de 2026 ou au début de 2027. Il faudra obtenir du financement pour la construction et les dernières approbations réglementaires avant le début de la construction.
Lorsque celle-ci commencera, Oceanside pourra ravoir ses plages en plus de prouver que l’innovation, la mobilisation des parties prenantes, la surveillance et la gestion adaptative peuvent résoudre des problèmes que l’ingénierie traditionnelle ne peut pas résoudre seule.