Le comté de St. Johns souhaite restaurer 32 km de côtes endommagées par un ouragan
En bref
Le projet visait à remettre à son état d’avant les tempêtes une berme de 32 km (20 mi) endommagée par des ouragans le long des côtes de l’Atlantique afin de protéger les habitats naturels d’espèces menacées et en voie de disparition.
Le défi
Deux ouragans importants ont frappé les côtes du comté de St. Johns, en Floride : Matthew en 2016 et Irma en 2017. Ces ouragans ont endommagé 32 km (20 mi) des côtes de l’océan Atlantique, emportant des milliers de mètres cubes de sable, et ont laissé la zone vulnérable aux dommages subséquents en plus de réduire l’habitat naturel de plusieurs espèces en voie de disparition. Pour ces raisons, ce projet présentait plusieurs défis pour l’équipe de conception-construction composée de Continental Heavy Civil (CHC) et GHD.
L’agence fédérale de gestion des urgences (FEMA) des États-Unis a accordé du financement pour l’épandage d’environ 573 000 mètres cubes (750 000 verges cubes) de sable compatible avec la plage. Toutefois, le financement s’accompagnait d’une échéance : la construction devait être terminée avant décembre 2021. L’équipe a donc dû accélérer le processus de conception et de délivrance de permis du service de protection environnementale de la Floride (FDEP) pour le réaliser en cinq mois.
Pour la construction, il a fallu obtenir du sable compatible avec la plage des mines à l’intérieur des terres, dans le centre nord de la Floride. Des camions ont transporté les matériaux jusqu’au site et des moyens mécaniques ont servi à verser ces matériaux sur la plage et le réseau de dunes touchés. Il existait peu de points d’accès aux côtes endommagées par les ouragans pour les travaux, et certaines portions des plages du comté n’avaient aucun point d’accès public utilisable. De plus, les propriétaires de terrains donnant sur la plage n’ont pas tous et toutes accordé un droit d’accès pour la construction. Le placement inégal du sable a créé des problèmes de conception et de construction en raison des changements de volume et de conicité, des concepts variables et d’une réduction du rendement.
La conception et la construction devaient également tenir compte de l’environnement très sensible du chantier ainsi que des infrastructures existantes le long du rivage. Malgré le fait que les travaux étaient réalisés au-dessus du niveau moyen des hautes eaux, il fallait tenir compte de plusieurs espèces menacées et en voie de disparition, comme la tortue de mer, le gophère polyphème, les oiseaux de rivage nicheurs et la souris des dunes. Enfin, il a fallu tenir compte des passerelles privées contournant les dunes et de centaines de mètres de clôtures privées durant toutes les phases du projet.
Nos solutions
Notre équipe a pu résoudre chaque problème en faisant preuve d’innovation et de débrouillardise.
Afin d’accélérer le processus de conception et d’obtention des permis, nous avons fait appel à des ressources supplémentaires dans notre réseau de 3000 membres du personnel au pays afin de soumettre une conception à 60 % et une demande de permis côtier conjoint de la FDEP en six (6) semaines.
CHC a réglé les principaux problèmes de construction en obtenant des points d’accès temporaires sur des propriétés privées, ce qui a exigé une grande coordination, une surveillance de l’environnement, l’apport de modifications techniques sur le chantier et la mobilisation des parties prenantes. Ces sites ont servi au transport de l’équipement de construction et du sable jusqu’à la plage. Nous avons aussi organisé des réunions de coordination supplémentaires avec les résidents et résidentes ainsi que les responsables du comté afin de coordonner les droits d’accès accordés en fonction de l’avancement des travaux.
CHC et GHD ont grandement collaboré avec la Florida Fish and Wildlife Commission (FWC) afin d’obtenir des autorisations pour déplacer les tortues de mer et les gophères polyphèmes. Chaque espèce exigeait une coordination exhaustive, des frais de déplacement et de la délicatesse quant à sa qualité d’espèce menacée ou en voie d’extinction. Nous avons modifié l’échéancier des travaux afin de respecter la saison de nidification et le nombre de nids présents à certains endroits. Lors des travaux, nous avons également porté une attention particulière aux passerelles contournant les dunes, aux équipes qui plaçaient du sable sous et autour de ces passerelles et à la coordination du retrait et du remplacement des clôtures. Le modèle de conception, l’échéancier et la méthode de construction étaient essentiels à la détermination des solutions.
L’impact
Ce projet vise à remettre le rivage à son état d’avant les ouragans et à empêcher les dommages lors des prochains phénomènes météorologiques extrêmes. Le chantier, actuellement en pleins travaux, a déjà subi une tempête du nord-est présentant des conditions semblables à un ouragan. Les zones où les travaux étaient terminés ont été bien protégées de la force des vagues et du vent. Une fois terminé, le projet protégera les infrastructures améliorées des hautes terres situées le long de certaines parties importantes des côtes du comté de St. Johns.